Moi, Moi, Moi

Tu ne m’as pas laissé le temps.

C’est comme ci c’était hier…. C’était il y a 16 ans aujourd’hui… 15 Mars 1999, j’ai à peine 15 ans … Je ne l’oublierai jamais, et chaque année je revis ce jour..

Cela fait maintenant plusieurs semaines que tu es hospitalisé, les avis sont mitigés sur ton état,  un médecin il y a 15 jours, nous a dit que tu étais une flamme qui s’éteignait tout doucement, comme tes cigarettes qui se consumaient…

Tu m’as appris tellement de choses, tu étais la gentillesse incarnée et je me souviens encore des balades pour aller voir la mer le mercredi après midi dans ta 2cv bleue quel que soit le temps, vent, pluie, neige, soleil, il n’y avait aucune excuse, c’était notre rituel.

Je n’ai cependant pas le souvenir que nous ayons été si proches que cela, mais au fond de moi je savais que tu nous aimais, tu étais de l’ancienne génération, celle qui ne montrait pas ses sentiments. Mais je me souviens, ce jour, où je suis venue te voir, car j’avais un exposé à faire sur la 2nde guerre mondiale, et qui d’autre mieux que toi pouvais m’aider, tu m’as livré tes souvenirs de tes années de prisonnier de guerre, je suis la seule à qui tu as un jour parlé de tout cela…

Et je me souviens, j’étais si fière de dire à l’école que tu avais fais la guerre, (et je le suis encore) et que c’etait toi qui m’avais raconté tout ca. Toi tu t’étais battu pour qu’aujourd’hui notre pays soit libre!

Je te verrai toujours toi, tes yeux si bleus, avec ton béret et ta cigarette, où assis à la fenêtre à regarder les voitures passer.

Vous partiez chaque année, à Menton, pour vous ressourcer, malheureusement je n’ai jamais eu la chance d’y aller avec vous, mais je t’imagine déambuler dans ses rues au soleil…

Tu fumais tellement….. Puis vint ce jour, où pour un soucis respiratoire, tu as du être hospitalisé, un jour, une infirmière a même appelé pour nous dire de tous venir, que les nouvelles ne sont pas bonnes… je ne comprends pas bien ce qui se passe tout ce que je sais c’est que je n’ai que 15 ans, et que je ne peux pas entrer…

Quelques jours plus tard, je te trouve plutôt en forme…Tu vas plutôt bien, on prévoit même un retour prochain chez toi, avec assistance médicale, mais tu vas surement pouvoir revenir à la maison.

Nous sommes le 15 Mars 1999, comme tu vas mieux, pour une fois on va faire les boutiques avant de venir te voir comme chaque jour dans cet hôpital, et on profite un peu d’un moment mére/fille qui nous fait du bien.

En arrivant dans ta chambre d’hôpital, je ne te trouve pas très bien. Tu me regardes beaucoup, j’ai l’impression que tu veux me dire quelque chose.

Je m’approche de toi, maman et moi sommes chacunes d’un coté de ton lit, tu la regardes, puis moi, tu laches la main de maman et prends la mienne, tu me regardes droit dans les yeux et me dit « J’en ai marre, j’en peux plus »…

Je commence à comprendre que tu ne veux plus être dans cet hopital…

Les minutes passent, et je vois que ca ne va pas du tout, Je m’approche de ton lit, mais le repas arrive… Tu soupires, tu n’as pas l’air d’avoir faim, mais l’infirmière dit qu’il faut manger… Tu manges par obligation, on te force presque mais tu fais non de la tête… Qu’est ce qui se passe? Je vois bien qu’il y a un problème…

Maman, va chercher l’infirmière, elle arrive en courant, soulève tes draps, regarde tes pieds, tu as les yeux vers le plafond, l’infirmière me regarde, et me dit de sortir tout de suite de ta chambre, je ne sais pas pourquoi? mais je sors, au moment où je me léve, je te regarde, tes yeux sont plongés dans les miens.. Tu prends une grande inspiration, et d’un coup, je vois ta tête tomber sur l’oreiller.

Là je vois les infirmières qui arrivent, on me dit de m’éloigner de la chambre, j’obéis bétement, je vois ma maman sortir également, du bout du couloir, j’entends un cri, ma mére vient d’hurler, je comprends… Je me sens mal, je vais vomir…

Je me souviens qu’une infirmière est venue me parler, mais je suis incapable de me souvenir ce qu’ellem’a dit.

Tout ce que je sais, c’est que tu es parti trés loin, trop loin, tu ne sera plus là… Nous n’irons plus nous promener ensemble dans ta 2cv bleue, tous ces moments où tu me prenais par la main, et où tu me racontais le temps passé, font maintenant partie du passé. Je sais que où tu es tu veilles sur nous tous, et telle une étoile tu nous protéges.

012-011

Je suis la seule à avoir été là, je suis celle pour qui ont été tes derniers mots et ton dernier regard… Mais, je t’en veux, oui je t’en veux à toi mon grand père, car tu ne même pas laissé le temps de te le dire au moins une fois …

JE T’AIME PAPI

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